Mon année 2011 est marquée par cette longue période de blessure entre janvier et mai, une tendinite du T.F.L bien installée et très douloureuse, une étape très difficile mentalement et moralement, une longue période de coupure et une reprise d’entraînements assez difficile.
Ce qui m’a surtout rendu fragile en ce début d’année, c’est l’enchaînement entre ma blessure de 2009 (6 mois) et celle de 2011 (5 mois), j’ai eu beaucoup de mal à me re-motiver pour retrouver mon niveau de forme.
Ma troisième place sur la T.D.S (épreuve de l’ultra trail du Mont-Blanc® fin août) m’a rendu serein en vue de la Diagonale des Fous même si au niveau physique je ressentais toujours un manque de volume (foncier), les séances d’Amy (Amy est mon « super » entraîneur depuis 2007, merci) ont été respectées à la lettre, je me retrouve au départ du G.R.R (Grand Raid de la Réunion) dans un très bon état de fraîcheur et très motivé. J’avais un seul objectif cette année sur ce G.R.R, terminer sans objectifs de places et de temps pour aborder la 20ème édition de l’épreuve en 2012 (suite à mon podium sur la T.D.S, j’ai gagné mon inscription) dans de bonnes conditions.
LA COURSE
Le départ a eu lieu à St Philippe jeudi 22H00, nous sommes arrivés à la Réunion mercredi matin après un long vol de nuit (sans dormir), première erreur, malgré une compagnie aérienne très confortable (Air Austral que je conseille !).
Une erreur car la journée du mercredi (veille) est très intense forcément, surtout avec le retrait du dossard et sa fameuse file d’attente de près d’une heure.
La journée de jeudi a été consacrée au repos, très bien installé près du départ chez des amis de Vincent Delebarre. Le départ justement … incroyable !!! Installé sur la première ligne avec les têtes d’affiches, il ne fallait surtout pas trébucher car la pression derrière nous était énorme, coups de coudes à droite et à gauche et nous voici dans l’ambiance de cette épreuve mythique.
Un départ rapide sur une route goudronnée, je suis très bien placé et mes sensations sont bonnes. Dès les premiers pourcentages, mon rythme est calé, je suis dans ma bulle et sur-motivé. Au premier pointage après plus d’1H00 heure de course, je suis 15ème, très surpris de cette position car j’avais l’impression d’être relativement loin des premiers. Nous passons d’une route large à un sentier étroit et irrégulier jusqu’au volcan, une baisse de régime s’installe, j’ai très chaud et l’impression d’avoir du mal à digérer mes premiers ravitaillements. Je ne panique absolument pas, je me retrouve au sommet autour de la 35ème place, ma chérie (Chriss) me ravitaille et « top départ » dans la descente extrêmement technique jusqu’à Mare à Boue (un réel bonheur !). Il faut être très vigilant sur ce terrain très glissant et instable, nous sommes dans la nuit et parfois dans le brouillard (vive ma bonne frontale). Sans forcer, je remonte des places et je me sens bien dans ma tête et physiquement. De Mare à Boue à Hellbourg, c’est une succession de montées et descentes dans une forêt (forêt de Bébour) très dense, un mélange de boue (à 90%), racines, escaliers, il faut en permanence relancer … je découvre un nouveau terrain de jeu, je prends du plaisir !
LA DOULEUR….
Me voici dans la descente vers Hellbourg toujours aussi technique sur un monotrace sinueux, c’est à ce moment là que commence le « début de la fin », une douleur s’installe au niveau de mon tendon rotulien … j’ai peur ! Peur que la situation empire, peur de retomber dans un nouveau cycle de blessures, peur de l’abandon … une fois de plus. Hellbourg, Chriss est présente de nouveau pour me ravitailler, je suis de moins en moins … « joyeux », doute et incertitude s’installent, dois-je continuer ? Que faire ? Je rentre dans une phase d’analyse, une phase de réflexion ou je suis le seul à prendre une décision malgré tout le soutien que j’ai autour de moi. Je décide de repartir dans l’inconnu, je suis déboussolé mais toujours dans un très bon état de forme, je suis 12ème au pied de l’ascension du Cap Anglais. Une montée terrible, très accidentée avec une dénivelée proche de 1500m, mon rythme est toujours aussi efficace et mon genou moins douloureux dans ce pourcentage. Proche du sommet et du gîte, le terrain devient très vallonné avec de très légères descentes toujours aussi techniques, je dépasse un concurrent et me retrouve 10ème avec un tendon qui s’enflamme violemment et qui me dit : « coucou, me revoilà !!! ». Cette fois je comprends ce message, un message d’alerte au sommet du Cap Anglais, devant moi Cilaos et son interminable descente, je descends péniblement en marchant, tête baissée, je me m’habille chaudement (brouillard) en ne sachant quoi penser !!!
….. ET L’ABANDON
Cilaos après 2H00 de descente en marchant, un contrôle anti-dopage m’attend (ben oui, les gens qui abandonnent peuvent être dopés, je ne cherche pas à comprendre !) avec le petit « pipi » dans le bocal. Mes amis de Quechua sont présents et me soutiennent merveilleusement bien, je suis dans une sorte d’état second, un mélange de fatigue (+ de 13H00 de course) et d’incompréhension. Ma première pensée : dois-je continuer le trail ? Ma deuxième : mes filles, ma famille, mes amis, mes partenaires. Ma troisième : plus jamais de G.R.R, je ne suis pas adapté au niveau tendineux à ce genre de terrain constamment instable malgré cette volonté de faire du technique. Ma quatrième : ma santé … bonne décision mon Seb !
BILAN
A ce jour et après de multiples rencontres … et une tête bien reposée, voici mon analyse finale de cette aventure Réunionnaise. Malgré mon état de forme sur ce G.R.R, mon retour de blessure était certainement trop proche pour prétendre terminer une telle épreuve aussi éprouvante. Après 3 jours de repos, je suis de nouveau dans un excellent état de fraîcheur avec un tendon revenu à la normal, sans douleur mais à voir dès la reprise. J’ai eu la chance d’avoir d’excellents conseils ces derniers jours et de nombreux retours d’expériences d’amis « élites », je remercie Antoine Guillon, Pascal Blanc, Lionel Trivel, Sèb Chaigneau, Emilie Lecomte et mon grand ami Vincent Delebarre. Je reviendrai en 2012 à la Réunion, je désire relever le défi de franchir la ligne d’arrivée sur le stade de la Redoute et d’avoir comme de nombreuses personnes le statut de « fou » à mon retour sur la métropole (il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !).
J’aimerais oublier et terminer cette saison 2011 sur une plage de la Réunion avec une « dodo » à la main (très bonne bière !), je souhaite retrouver mon panache et mon état physique pour aborder la saison 2012 dans une forme optimale.
Merci à tous mes partenaires qui me soutiennent à 100%, la marque QUECHUA, les produits énergétiques + WATT (magasin ICE), le garage OPEL SALLANCHES.
Merci aux membres du club de l’ALPANA et du C.M.B.M pour vos messages.
Merci aux amis et à la famille, à Chriss, Laëlia et Cacilia d’accepter ma passion !
Rendez-vous l’année prochaine, à très bientôt,
Sébastien Talotti (Team Quechua)
Réactions et commentaires
3 Commentaires
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That's a mold-bkreaer. Great thinking!
Walking in the presence of giants here. Cool tkihning all around!
It was dark when I woke. This is a ray of sunshnie.













